Vendredi 23 septembre 2005 5 23 /09 /Sep /2005 00:00

Extraits d’interviews et citations

 

Sommaire :

 

E A Ski

Dj Jazzy Jeff 

KRS One

Hamé du groupe La Rumeur

 

E A Ski/ PAST AND PRESENT Limited edition mixtape

PS: Ce sont les rues qui vont parler en 2004. Ne laissez pas la radio dicter ce qui est bon. Les rues sont reines. Et ça, c’est parler vrai.

 

Extraits d’interview

 

US

Dj Jazzy Jeff :

“Je reviens d’Afrique du Sud où j’ai acheté un paquet de disques avec des rythmes tribaux. C’est « drôle » d’ailleurs parce que ce pays qui vient à peine de sortir de l’ apartheid m’a rappelé les Etats-Unis dans les années 80, mes années favorites : le hip hop sans l’argent. L’argent a en partie détruit le hip hop. »

Groove n°63, sept 2002

 

Le hip hop, vendu et commercial depuis longtemps

 

KRS One : "(…). Les gens qui portaient des coiffures afro sont devenus des stars d'Hollywood, ont perdu l'équilibre entre leur culture et le capitalisme ! Aujourd'hui, une nouvelle musique est née, le Rap, et elle cherche ses racines africaines. Mais (...) une bonne partie du Rap devient hautement commerciale. Beaucoup d'artistes oublient leur culture et distribuent aux Américains des prospectus de l'American Dream" (13).

 

Entretien avec Hamé du groupe La Rumeur, le 30 mai 2002 mené par Julien Guedj et Antoine Heimann

 

Dans « Sociologie politique du rap français : nouvelle approche du mouvement rap »

 

 

- Penses-tu qu’il y a une culture de la rue d’où est issue la culture hip-hop ? Et peut-on parler de culture rap ?

 

 

- « Culture de la rue », j’aime pas ce mot, pour moi c’est la réalité des SDF et des clochards. Une culture « populaire » convient mieux. Pour moi il n’y a pas de culture rap dans l’absolu. Le rap c’est ce que les rappeurs en font. Tout dépend de ce que les rappeurs sont. Du rap fait par des mecs du XVIème ou des fils d’ambassadeurs ne m’intéresse pas.

 

Ce que je vois à la télé chaque jour, c’est du rap de nantis. Arsenik ou Passi, c’est du rap de nouveaux riches, de nouveaux millionnaires, ça ne m’intéresse pas. C’est le rap d’une certaine bourgeoisie artistique ascendante… Voir l’étalage des bijoux, des bagues, des meufs et des voitures de Passi ou d’Arsenik ça m’énerve, ça m’énerve ! J’estime que c’est gâcher du temps sur un disque. Remarque le cinéma pornographique c’est aussi du cinéma donc à la rigueur on peut considérer ces groupes comme du rap, mais bon je ne cautionne pas. Ce sera du rap mais aps avec un grand R, enfin c’est subjectif…

 

 - Penses-tu qu’il existe des clichés caractéristiques véhiculés par les rappeurs ?

 

 

 

- Bah oui ! d’ailleurs, c’est le propre de l’aliénation. Ils participent quelque part, et sans en être vraiment conscients, à la fabrication de leur propre caricature. Ouais bien sûr que ça existe. La plupart n’en sont pas conscients, mais certains, peut-être un plus rusés que d’autres, le font consciemment ; comme par exemple Akhenaton du groupe IAM qui a un côté machiavélique. Ils ont remarqué que cette fabrication de leur propre caricature est une recette qui fonctionne et ils se disent : « il n’y a pas de raison de changer une recette qui marche. ».

 

 

- D’après toi d’où proviennent ces clichés « repris inconsciemment » par la plupart des rappeurs ? Emanent-ils des rappeurs eux-mêmes ou bien de l’extérieur ?

 

 

- Les premières choses qui viennent à l’esprit appartiennent au sens commun. Ce n’est qu’en creusant qu’on sort des « sentiers battus ». Pour les rappeurs qui ne sont pas vraiment déterminés ni perfectionnistes, il est beaucoup plus facile de penser ce que le modèle dominant pense. Mais c’est la même pour tout le monde ! Il faut creuser pour avoir son propre caractère, sa propre identité. Et pour éviter de tomber dans les clichés dont on parlait.

 

 

- Mais La Rumeur, qui tient un discours ouvertement engagé, fait figure d’exception dans le paysage rapologique français. Pourquoi ?

 

 

 

- Bah je te dirai que dans le cinéma ou dans la littérature, la proportion d’artistes politisés par rapport aux autres artistes est la même que dans le rap français. Dans le monde artistique, le nombre de gens qui ont les yeux ouverts et qui font en sorte que les autres gens les ouvrent est très restreint. Le rap n’est pas exempt, il appartient à cette bulle. Il est traversé par les mêmes insuffisances, par les mêmes contradictions. Dans le rock aussi il y a cette absence. Le problème aujourd’hui c’est qu’il y a que des projets consensuels. Il y a une espèce de formatage qui est très néfaste ; et pour la créativité et pour le rap lui-même. Le « rap-argent », qui domine actuellement, va dans le mur, va dans une impasse. Le formatage est en train d’user le rap. Il n’y a plus de caractère fort. Ce que je regrette également c’est que la perception du public non rap est déterminé par le modèle dominant, c’est à dire par le rap majoritairement médiatisé. Je ne reproche pas aux artistes « commerciaux » d’avoir vendu des disques, je leur reproche de l’avoir fait au prix d’une compromission totale et par là même d’avoir tourné le dos aux principes dont ils se réclamaient quelques années auparavant. C’est ça qui fait le plus de mal. Ceux qui se prétendaient être des incorruptibles, des combattants, sont finalement l’inverse de ça ! Et dire que les grands groupes qui vendent ouvrent des portes aux plus petits, ça c’est faux. Ils ouvrent d’abord des portes à eux-mêmes, et ils ouvrent des portes à ceux qui sont prêts à se fondre dans le format imposé par les majors et les gros groupes de presse.

 

 

 

Par Dj Gone CMP - Publié dans : artetsens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Catégories

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus