Dimanche 6 novembre 2005 7 06 /11 /Nov /2005 00:00
Par Dj Gone CMP - Publié dans : artetsens
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Vendredi 23 septembre 2005 5 23 /09 /Sep /2005 00:00

West Coast ain’t Hip Hop ?

 

 

Ignoré par de nombreux français qui restent persuadés que le hip hop n’a grandi qu’en son épicentre new-yorkais, le rôle de la west coast nécessite d’être réhabilité. Cette rubrique tentera d’y participer.

 

 

L'apport de la Californie en matière de danse de rue

 

 

 

Los Angeles. 1969. La sensation de l’année chez les danseurs de rue, c’est un jeune black du nom de Don Campbell qui l’introduit. Il n’est pas le meilleur, mais il apporte quelque chose de nouveau en s’arrêtant entre deux phases, comme s’il verrouillait ses membres, parfois presque accidentellement. Les autres danseurs vont alors baptiser son style le « Campbellock ». Bien sûr il s’est inspiré de « The Robot », la danse qui fait fureur depuis que les danseurs de rue regardent des émissions présentant des automates à la TV. Mais Don Campbell y a ajouté des mouvements totalement à l’opposé de ceux contrôlés et gainés des robots : son corps se gonfle et se dégonfle comme mu par une force hydraulique, il enchaîne des aller - retour avec ses membres dessinant des formes mouvantes et saupoudre le tout de pas rappelant fortement les claquettes. Rapidement les premiers « lockers » attirent l’attention par leur tenue clownesque (gants blancs, grands chapeaux, chaussures surélevées, pantalons larges aux genoux), animent leur visage d’expressions aussi diverses que soudaines et font apparaître des signes dans l’espace. Tout un programme ! Le Lock est né, et il va se propager progressivement à toute la Californie, devenant un élément fort de son identité…

 

 

 

 

D’autant plus que Don Campbell fait ce qu’il faut pour  renforcer le mouvement. D’abord il sort son propre maxi 45 tours, logiquement appelé « Do the Campbellock » ( on y entend même le claquement propre au lock). Puis on le voit de plus souvent à « Soul Train », une émission TV importée de Chicago à L.A en 1971 par Don Cornelius. Or  « Soul Train » est précisément le média du moment pour capter les nouveaux styles de coupes, de sapes et… de danse. Mais au bout d’un moment Campbell et ses potes tels que Rerun demandent un salaire pour leur contribution au succès de l’aventure ! Non seulement ils ne l’obtiendront pas, mais le « Lock » sera banni de Soul Train. Un coup qui aurait pu mener à la régression du lock… Mais au lieu de cela va naître le premier groupe de danseurs de rue professionnels, le collectif « The lockers » avec, parmi les 7 membres, Shabadoo et Slim The Robot.

 

 

 

 

Peu après, Toni Basil, célèbre chorégraphe télé, tombe sous le charme du lock, l’apprend et entre même dans « the Lockers ». Elle va contribuer à faire connaître le lock dans le monde entier en dégotant des apparitions à son groupe en première partie des plus grands spectacles, dans des pubs et des shows télé et en apportant sa touche perso au lock.

 

 

 

 

 

 

 

Pendant ce temps à l’autre bout du pays, autour de New York et de Philadelphie, les futures disciplines fondatrices du mouvement hip hop naissent et se développent : le graffiti contribue à colorer la ville et les premiers DJs favorisent la naissance de la breakdance en mettant bout des petits morceaux d’instrus, les break beats. Mais, contrairement à ce que beaucoup croient encore maintenant, la Californie est loin d’être en reste à cette période. Elle se révèle même être un foyer de créativité incontestable en matière de danse de rue.

 

 

 

 

La deuxième vague va partir en 1975 de Fresno, une petite ville située entre L.A et San Francisco. Là, Boogaloo Sam , fortement impressionné par les performances de The Lockers, commence à créer son propre style. Influencé aussi bien par des danses afro - caribéennes que par le jerk, les claquettes ou par « The Robot », le jeune Sam bouge toutes les parties de son corps de manière fluide et reliée. Ses membres prennent tous les angles possibles, mais souvent avec des mouvements en cercles qui assurent aussi bien ses transitions, ses déplacements que des décompositions. Ce style sera appelé Boogaloo suite au morceau « Doing the Boogaloo » de James Brown. Non content d’avoir introduit cette nouvelle danse, le leader des Electronic Boogaloo lockers entraîne ses frères et ses cousins (Pistol Pete, Doc Boogaloo…) à mimer le passage d’un courant électrique dans leurs corps, faisant vibrer tous leurs membres de multiples « pops ». Le Popping composé de claquements et de petites impulsions formera avec le Boogaloo la combinaison appelée Electric Boogaloo, (l’ancêtre du fameux smurf français). L’Electric boogie utilise tous ces mouvements toutes ces mimiques racontant par la danse une histoire. Une histoire qui se passe comme par enchantement dans un univers de dessins animés peuplé de robots et de mimes. Ses personnages portent des costumes de gangsters des années 40 et les Stacey Adams. A cette époque Poppin’ et Boogaloo se dansent principalement sur le funk, la musique reine en Californie. Ce même funk qui inspirera quelques années plus tard le développement du Gangsta Rap.

 

 

 

 

A la fin des années 70, l’electric boogaloo va se propager, à la suite du lock, aussi bien dans l’underground des rues californiennes que vers d’autres régions, aidé en cela par le tremplin de LA , la capitale américaine de la télévision. Ainsi, un peu avant les années 80, le pop et le lock ont dépassé leurs racines géographiques et ethniques : sur le chemin les asiatiques, nombreux en Californie et quelques latinos se sont joints au mouvement. C’est par exemple en 1978 qu’un mexicain du nom de Pop’ N Taco commence à se faire connaître chez les danseurs ( le même qui viendra s’installer en France quelques années plus tard). Pendant cet age d’or sont également apparus, entre autres, le « waving » (les vagues), le « puppet » (développé à partir du « mannequin style », c’est à dire l’attitude du pantin) ou le Cobra. Autant d’innovations provenant de différents coins du Golden State, Oakland, Sacramento ou San Francisco…

 

 

 

 

 

 

Aussi bien que les années 70 ont vu les disciplines fondatrices du hip hop se développer uniquement dans leurs fiefs de New York, les innovations des danseurs californiens se sont peu diffusées à l’est. Mais, ce que les émissions de TV n’ont pas réussi à provoquer, ce sont les danseurs eux même qui vont parvenir à le faire…

 

 

 

 

Un peu avant 1980, quelques émigrants avaient bien commencé à construire un pont entre les deux « mondes ». Loc- A –Tron (venu de Caroline du Nord) et Loose Bruce (de San Diego en Californie)  avaient recréé chacun un groupe dans un quartier de New York, influençant des danseurs locaux comme les graffeurs Fabel et Mr Wiggles. Mais les deux compères, qui suivaient les prouesses des californiens depuis les glorieuses heures de Soul Train, durent attendre 1982 pour que Mr Freeze leur présente un certain Sugar Pop. Ce proche des « Electric Boogaloo’s » de Boogaloo Sam et ses frères leur enseigne alors les secrets du pop et du lock plus en détail. Et l’échange est total quelques mois plus tard quand Powerful Pexter, Mr Wiggles et Fabel rencontrèrent dans leur ville notre mexicain de Compton nommé Pop’n Taco ainsi que Shabadoo et Boogaloo Shrimp, deux autres pionniers californiens. Ces visiteurs venus de l’Ouest dans les bagages de Lionel Richie (alors en tournée) apprirent à mieux connaître le hip hop avec son break et son  uprocking. En échange leurs hôtes new yorkais se perfectionnèrent en locking et en electric boogie. Et ils réalisèrent alors tous que leurs styles, quoique différents en pratique, se retrouvaient dans l’énergie et dans l’ esprit. De ce moment là, le hip hop adopta le boogaloo, le poppin’ et le lock…

 

 

 

 

Et la danse, renforcée aussi bien par ses nouvelles implantations que par sa récente diversité entame alors sa propagation et sa médiatisation. Shows TV, vidéo clips, films spécialisés, tournées. Chaka Khan, Gap Band, ou Whodini font appel aux poppers et aux lockers. Les films « Breakin’ I »  et « Breakin II », « Beat Street », « Body Rock » et le célèbre « Wild Style » présentent en détail la danse hip hop et ses meilleurs représentants californiens. Le « poplock » est en plein age d’or et même la musique lui rend hommage. Pour exemple le titre « west coast poplock » de Ronnie Hudson produit par Roger Troutman ( à l’origine du célèbrissime California Love).

 

 

 

 

Mais au moment pour la danse hip hop de s’exporter vers d’autres continents, l ‘apport majeur de la californie ne sera pas crédité. Et c’est ainsi que les français croiront des années tout devoir à la seule ville de NY.

 

 

 

 

A la fin des années 80, le hip hop a depuis longtemps pris sa forme définitive et fait le tour du monde. Mais la danse urbaine continue à évoluer. Et la Californie à apporter sa pierre à l’édifice. La culture de gangs qui l’habite depuis 20 ans fait naître sa propre musique : le gangsta rap. Et en écoutant cette musique, le gang des Crips, tout de bleu vêtu, dessine des formes sur le sol. Avec les pieds ! Pendant que les mains équilibrent le tout ou découvrent des « gangsigns » (signes des mains montrant l’appartenance à un gang), participant à l’esthétique de l’ensemble. Ces danseurs d’un nouvelle génération croisent puis décroisent leurs jambes ou feignent de marcher sur du velours en désarticulant leurs pieds dans tous les sens. Naturellement ils baptisent leur danse « Crip Walk » ou plus discrètement « C Walkin’ ». Et bien sûr, dans le quartier d’en face, une « Blood Walk » va leur répondre… En 1992, quand intervient finalement la trêve de la guerre des gangs à Los Angeles, le C Walk est déjà lancé et il ne s’arrêtera plus. Le rappeur WC va être le premier à le médiatiser. Dès 1996 dans le clip du hit « Bow Down » (Westside Connection), puis en 2000 tout autour des USA au cours du gigantesque « Up In Smoke Tour ». Suivront Kurupt avec le titre « C Walk » et Snoop avec son morceau « C-Walkin » extrait de « Dead man walkin’ ». Et puisque la Californie, elle, n’a pas oublié ses racines ; en 2001, quand Master P a choisi de réunir des grands noms du rap californien tels que Daz, Goldie Loc, WC et E 40 pour un morceau, il l’a baptisé « Pop Lockin’ II ».

 

 

IF U DON’T KNOW, NOW U KNOW!

 

 

 

 

Ecrit en 2003 par DJ Gone CMP

 

 

 

 

Gansgta rap, mythe ou réalité?  Liens entre les gangs et le rap...

 

Snoop Dogg - Rollin' 20's Crips
Goldie Loc - Rollin' 20's Crips
Warren G - Rollin' 20's Crips
Nate Dogg - Rollin' 20's Crips
The Dove Shack - Rollin' 20's Crips
Lil' C Style - 19th Street Crips (Rollin 20's)
Daz Dillinger - 21st Street Crips (Rollin 20's)
Kurupt - Rollin' 60's Crips
CJ Mac - Rollin' 60's Crips
Ice Cube - Rollin' 60's Crips
Kieta Roc - Rollin' 60's Crips
Tha Comradz - Rollin' 60's Crips
Tray Deee - Insane Crips
Battlecat - Insane Crips
Bad Azz - Insane Crips
Swoop G - Insane Crips
Slip Capone - LBC Crips
So Sentrelle - LBC Crips
Lil' 1/2 Dead - LBC Crips
South Central Cartel - Hoover Crips
Ice-T - Hoover Crips
Coolio - Corner Pocket Crips
W.C. - 111 Neighborhood Crips
Eazy-E - Kelly Park Compton Crips
MC Ren - Kelly Park Compton Crips
Tweedy Bird Loc - Kelly Park Compton Crips
C.P.O. - Kelly Park Compton Crips
B.G. Knocc Out - Nutty Blocc Compton Crips
Dresta - Nutty Blocc Compton Crips
Tone Loc - South Side Compton Crips
MC Eiht - Tragnew Park Compton Crips
Big Syke - Inglewood Imperial Village Crips
Jay-o Felony - NHC 47 Blocc Crips (San Diego)
Lil' CS - East Dago Mob Crips (San Diego)
C-Bo - Garden Blocc 19th Street Crips (Sacramento)
New Breed Of Hustlas - P.J. Riverside Crips
Kokane - 357 Crips (Pomona)
Scarface - Atlantic Drive Crips
Richie Rich - Oakland Crips
Afroman - Palmdale Crips
Da Lench Mob - Crips
Watts Gangsters - Crips
Kausion - Crips
KAM - Crips
Above The Law - Crips
BLOOD GANG MEMBERS
Suge Knight - Mob Piru Bloods
DJ Quik - Compton Tree Top Piru Bloods
Hi C - Compton Tree Top Piru Bloods
Mausberg - Campanella Park Piru Bloods
Mack 10 - Queen St Inglewood Bloods
All Frum Tha I - Inglewood Bloods
Tha Relativez - Inglewood Family Bloods
The Roaddawgs - Inglewood Family Bloods
Tha Realest - Compton Piru Bloods
Top Dogg - Compton Piru Bloods
G.P. - Compton Piru Bloods
B-Real (Cypress Hill) - 89th Street Family Bloods
Sinister - 89th Street Family Bloods
Terror Twinz - Pacioma Piru Bloods
O.F.T.B. - Bounty Hunter Bloods
Nuttz - Skyline Piru Bloods
2nd II None - Elm Street Piru Bloods
Boo-Ya Tribe - West Side Piru Bloods (Carson Samoan Warriors)
Lil' Hawk - Crenshaw Mafia Gangsta Blood
Big Wye - Crenshaw Mafia Gangsta Blood
Damu Ridaz - Denver Lane Bloods
Sen Dog (Cypress Hill) - Bloods
FOLK MEMBERS (ITS A BRANCH OF CKRIP LIKE AN ALLY)
Method Man
DJ JuiCy J
CrunChy blaCC
SCarCrow
Turk
 

 

Par Dj Gone CMP - Publié dans : la west coast et le hip hop
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Vendredi 23 septembre 2005 5 23 /09 /Sep /2005 00:00

ART ET SENS :Réflexions et alternatives

pour le mouvement Hip Hop

 

 

Pourquoi ART ET SENS ?

Parce que le Hip Hop a toujours été un mix indissociable d’art et de sens, de belles choses et de messages. Mille sites Hip Hop mettent en avant son côté artistique. ART ET SENS  aura pour priorité de faire ressortir son sens.

 

Edito d'ouverture                             (septembre 2005)

 

1/Raison d’être : la nécessité d’une réaction positive et efficace

 
 

« Le hip hop est malade en France et les mecs qui tiennent les rennes de tout le bordel, ils en ont rien à foutre, ils sont dans une logique financière. La culture, l’éveil des consciences, c’est terminé ! On s’en fout… » Dj Asko (Générations 88.2)[1]

 

« Aujourd’hui, ce qui importe aux maisons de disques, c’est de créer des idoles. Des idoles qui seront rentables au niveau des ventes, et aussi des idoles qui pourront manipuler une jeunesse en quête de bonheur et qui les pousseront vers la société de consommation. Voilà comment on vend du rêve de cité au jeune bourgeois ou inversement. Avec un clip vidéo on te donne un manuel pour l’habillement et des normes à respecter pour être le boss de la luxure et de la débauche.» Mysa (rappeur)[2]

 

Ils mentent sur notre art et sur notre culture. Ils en diffusent ce qu’ils veulent, quand ils le veulent et comme ils le veulent. Qui ?

Les grands médias les plus puissants (radios et télés en tête) qui règnent sans partage sur l’opinion publique et les gigantesques marchés de l’industrie du loisir (disques, concerts, films) avec la complicité de ses intervenants, majors et stars. Ils ont instrumentalisé des éléments du hip hop au service de leurs propres objectifs.

 

Notre culture alternative avait été inventée par des défavorisés pour s’exprimer et créer de façon novatrice, festive, libre et revendicative. Notre musique était née en réaction et s’était construite en opposition aux tubes trop faciles (disco, RnB syrupeux ) ou trop artificiels (new wave, variété).

 

Médias et marques les utilisent désormais comme pièges pour attirer d’entières générations dans la (sur)consommation et dans leur vision de la réussite financière et sociale.

 

« Quand le rap passe, l’herbe ne repousse pas. Ils ont trouvé là un moyen radical et qui touche n’importe quel jeune. Ça parle à tout le monde. D’où le conditionnement du rap. Si tu veux parler à un jeune aujourd’hui, il faut parler rap. » Kader Aktivist[3]

 

2/ Vous trouverez sur ce site :

 

« On s’est fait bouffer notre truc, on a pas été assez forts ; les médias sont plus forts que nous. » Dj Asko

 

On s’est fait bouffer notre truc ? Peut être pas définitivement. Si j’ai créé ce site Art et Sens c’est parce que nous sommes nombreux à penser que tout n’est pas perdu :

 

-En tant que pratiquants du hip hop au quotidien nous savons qu’il vit tous les jours sans les médias, loin des clichés et loin de la surexploitation financière où certains veulent la cantonner. Reste à le faire savoir et à orienter ceux qui veulent gratter un peu plus loin que les apparences.

Le savoir et la transmission ont permis à nos aînés de nous transmettre des valeurs et une culture vieille de bientôt trente ans. La clef de demain est encore entre nos mains. A nous de faire savoir ce qui est caché. A nous d’enquêter sur ceux qui ont entrepris de nous exploiter. A nous de relayer le vrai message à nos cousins, à nos petites sœurs, à nos petits frères et à nos enfants. A nous de leur faire découvrir l’incroyable diversité de notre culture, bien au delà de ce que veulent ou peuvent en transcrire les médias traditionnels.

 

Ce site aura pour ambition d’y aider par des révélations, des enquêtes, des lyrics, des extraits d’interviews, des débats et des liens vers la richesse du monde hip hop sur internet. Très rapidement il pourra également héberger les réflexions de divers acteurs susceptibles d’apporter un éclairage intéressant aux visiteurs. Si vous souhaitez publier votre texte, envoyez le dès maintenant par mail à deejaygone@hotmail.com

 
 

Si vous souhaitez être informé des mises à jour, sortie de projets et événements inscrivez vous à la newsletter !

 
 
 


[1] Interview de Dj Asko, Entretien avec Gone CMP, décembre 2004

[2] Unité n°4, février 2005

[3] Interview de Kader Aktivist avec Gone CMP, novembre 2004

 
Par Dj Gone CMP - Publié dans : artetsens
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Vendredi 23 septembre 2005 5 23 /09 /Sep /2005 00:00

En fouillant le web français à la recherche de messages hip hop je suis tombé sur « Sociologie politique du rap français : nouvelle approche du mouvement rap ». Réalisée par deux étudiants en sociologie cette abordait un sujet passionnant tout en risquant fortement de se fourvoyer de la naiveté et de l’inexactitude. Finalement le résultat ne révolutionnera pas notre vision du hip hop français, mais certains passages intéressants en ressortent pour les questions qu’ils amènent ou pour les enseignements qu’ils recèlent.

 
 

Sociologie politique du rap français : nouvelle approche du mouvement rap

(par Julien Guedj et Antoine Heimann) moments choisis :
 
Sommaire :
 

Le rap qui combattait sert maintenant le système qui l’a récupéré

 
Le tournant 
 
Le rap, instrument du système :
 
La fierté de notre langage :
 
 
 
 
 

Le rap qui combattait sert maintenant le système qui l’a récupéré :

 

A/ « Tout l’intérêt de notre étude sera de montrer que les études encore récentes qui conçoivent le rap comme un danger pour l’ordre social sont aveuglées par les préjugés ; au contraire, le rap actuel agit comme un renfort au système social et à sa hiérarchie. »

 

« →  On arrive à un constat dans les différentes mouvances du champ, qui peut s’analyser comme suit : on a d’un côté les rappeurs ayant eu le capital culturel et symbolique de repousser le stigmate et de se forger une identité collective fidèle à l’essence du hip-hop ; de l’autre côté sont présents les rappeurs n’ayant eu d’autres solutions que de reprendre le stigmate imposé, par manque de capital culturel et symbolique. L’opposition entre rappeurs conscients et récréatifs sera donc à analyser en gardant toujours en tête ce décalage de capital. »

 
droit de réponse Art et sens :
 

Cette vision du rappeur qui dépasse les clichés qu’on lui attribue si souvent ou au contraire participe à les renforcer peut certainement s’expliquer par le « capital culturel et symbolique » (les valeurs du hip hop, le recul ; l’éducation politique ou sociale) mais les deux auteurs semblent oublier d’autres facteurs qui expliquent ces chemins empruntés par les rappeurs :

 

-le rôle des médias par les filtres qu’ils imposent et les formats qu’ils favorisent

-l’appel d’air provoqué par les courants et les modes

-la démagogie volontaire de certains rappeurs. Hamé du groupe La Rumeur déclare à leur sujet « La plupart n’en sont pas conscients, mais certains, peut-être un plus rusés que d’autres, le font consciemment ; comme par exemple Akhenaton du groupe IAM qui a un côté machiavélique. Ils ont remarqué que cette fabrication de leur propre caricature est une recette qui fonctionne et ils se disent : « il n’y a pas de raison de changer une recette qui marche. ».

 
 
 

B/ « c’est précisément cette labelisation de violence et de non sens subie par les rappeurs qui a paradoxalement rendu possible leur intégration totale dans le système d’abord économique, puis social. »

 

« le rap, mouvement politique contestataire à l’origine, a été stigmatisé, dénaturé, puis intégré, pour finalement se transformer, dans sa définition actuellement dominante, en un instrument de la consécration de l’ordre social établi, s’adressant à un groupe social difficilement accessible, et vu comme potentiellement dangereux. »

 

« Le blues a véhiculé jusqu’aux oreilles des Blancs quelques échos de ce tumulte vernaculaire, il n’était toutefois pas question pour les producteurs Blancs de laisser cette violence verbale se déployer dans toute sa vigueur. Et si dans le blues on échange parfois quelques coups de revolver, de couteau ou de rasoir, si les références à la sexualité y sont plus nettement explicites que dans la romance broadwaysienne, les formes les plus percutantes de violence verbale ont été systématiquement évincées du répertoire.

 

Le rap ne s’embarrasse pas de telles précautions. En faisant éclater au grand jour une rage profonde qui n’a d’autre alibi que le plaisir provoquant de s’énoncer comme telle, le rap manifeste l’un des éléments les plus vivaces d’une créativité poétique propre aux traditions orales de la communauté Noire, que les chambres d’échos de l’industrie des loisirs américaine étaient jusque là parvenues à étouffer. À sa manière donc, la culture hip-hop jette bas le masque de civilité affable que les Noirs ont jusqu’à présent été contraints de porter face à leurs oppresseurs. Par son génie de la superposition et du télescopage, que rend particulièrement prégnant une exploitation élaborée des procédés techniques de reproduction sonore, le rap reconstruit la tradition afro-américaine dans le sens d’un radicalisme de la forme et du fond qui restait inouïe. Il donne à entendre la nature profondément subversive de cette culture du son et du verbe en faisant cohabiter de manière inattendue les échantillons de ses productions musicales et littéraires puisées au fil de son histoire. Ce que l’industrie des loisirs s’était efforcé de rendre présentable, par le jeu d’une édulcoration, ce que l’histoire avait finit par noyer sous les habitudes d’écoute, le rap le restitue à sa dimension perturbatrice. Une démarche qui explique ce que cette forme d’expression recèle d’irrécupérable. »

 

Le tournant 

 

« Cette prise de parole dérange. La réalité sociale, telle qu’elle est racontée, soulève des problèmes sociaux que les pouvoirs publics n’ont pas intérêt à entendre.

 

Deux solutions s’imposent alors : faire disparaître le rap, et ses acteurs, ou faire parler le rap d’autre chose. Les pouvoirs publics se sont bien évidemment tournés vers la deuxième solution.

 

Skyrock, quant à elle, avait tout intérêt à soutenir les groupes qui ne parlaient pas de politique. En effet, pour des raisons commerciales - et comme nous l'avons vu - il est préférable pour un média de soutenir un mouvement qui ne remet pas en cause le système sur lequel repose sa raison d'être et sa prospérité. »

 
droit de réponse Art et sens:
 

Les pouvoirs publics se sont également tourné vers la première solution « faire disparaître le rap, et ses acteurs », ne l’oublions pas.

 

Ainsi aux U.S.A          -en emprisonnant des rappeurs sous des prétextes douteux ( J Dee de Da Lench Mob par exemple Free J.Dee Petition ) ou en emprisonant d’autres pour leurs textes ( C.Bo de Sacramento)

-en étant à l’origine de la censure de certaines catégories de rap dérangeantes. Ainsi Al Gore et sa femme Tipper Gore avaient fait pression sur la major Time Warner pour qu’elle coule le gangsta rap ( ce qu’elle s’est effectivement empressé de faire)

 

En France                  -en poursuivant en justice des rappeurs ( NTM, Sniper, la Rumeur)

-en compliquant les organisations de concert ( normes préfectorales de sécurité exorbitantes)

-en boycottant ouvertement le rap et la culture hip hop sur les ondes publiques depuis 20 ans alors que des musiques moins vendues (classique, musiques traditionnelle) ont des créneaux entiers et réguliers.

 

Mais dans une société capitaliste occidentale le vrai pouvoir de médiatiser un courant ou une musique réside dans les mains des décideurs financiers. Or les entreprises, comme l’expliquent à merveille Julien Guedj et Antoine Heimann préfèrent  « soutenir un mouvement qui ne remet pas en cause le système sur lequel repose leur raison d'être et leur prospérité. »

 
 

« Le rap n’a plus rien à voir avec ce qu’il était au début des années 90, le danger potentiel qu’il pouvait représenter aux yeux des tenants du pouvoir politique n’a plus lieu d’être. Les décideurs politiques peuvent désormais dormir tranquilles, la norme en matière de rap s’est inversé, le rap ne conteste plus la hiérarchie sociale, et il produit même l’inverse maintenant. Par exemple, le plus grand concert de rap jamais organisé en Europe aura lieu au Stade de France à la mi-Septembre, et va regrouper presque tous les plus gros vendeurs de France ; il s’intitulera « urban peace : le concert pour la paix et la solidarité urbaine ». Ce qui montre bien que les rappeurs n’ont plus du tout l’intention de remettre en cause l’ordre social établi, bien au contraire. Ce concert symbolisera un appel au calme, qui reviendra à dire à la jeunesse défavorisée : « c’est pas grave ce qui vous arrive, vous êtes les délaissés de la société mais tout va bien, il ne faut rien changer ». Cela revient à nier la vocation première du rap, qui était à l’origine un appel à la mobilisation pour faire changer les choses au moyen du seul capital à disposition, le capital physique. Nous allons poursuivre la réflexion en nous appuyant sur les travaux de Pierre Bourdieu, pour montrer comment le rap participe à la consolidation de l’ordre établi. Nous dépasserons donc les préjugés du sens commun savant qui voit dans le rap une menace pour la société. »

 
 
Le rap, instrument du système :
 

     « Le rap joue un grand rôle dans la légitimation sociale des différences ; peut-être pas dans la légitimation des différences mais au moins clairement dans leur intériorisation, comme nous l’avons vu plus haut. L’absence d’appels à la révolte, cette absence lui permettant de tirer une rente financière de l’exploitation du rap, fait que cette intériorisation des différences n’est pas discutée, est acceptée pleinement. C’est pourquoi le champ du rap est lui aussi partie intégrante d’un champ de production plus large ; champ économique d’abord, dont nous avons déjà montré les influences ; champ idéologique ensuite, sous des aspects plus pernicieux. Car le rap est bien le vecteur d’une idéologie, le rap actuellement dominant étant soumis à l’idéologie dominante. On peut voir dans le rap une apologie de l’idéologie capitaliste, une brève analyse de textes va nous le montrer. Le thème des belles « sapes », des belles voitures, de l’argent tout simplement, revient d’une manière récurrente dans le rap. Cette récurrence agit comme la consolidation de l’ordre capitaliste, puisque le rap propage les valeurs capitalistes dans les esprits des jeunes défavorisés, c’est-à-dire précisément la population la plus enclin naturellement à rejeter ce système qui ne lui accorde qu’une place inférieure. La rengaine de la belle voiture, de la marque Lacoste, place le système capitaliste non pas sur un pied d’estalle, mais en consacre tout de même les valeurs. Même si les moyens mis en avant pour se procurer les attributs de la réussite sociale dans l’ordre capitaliste ne sont pas toujours légaux, surtout chez les rappeurs jugés hardcore aujourd’hui et qui disposent d’une faible audience auprès du grand public, les valeurs capitalistes sont sanctifiées dans les lyrics des rappeurs collant au nomos rapologique actuel. »

 
 
 
La fierté de notre langage :

Verlan, argot… devons nous avoir honte de parler à notre manière ?

 

« Pierre Bourdieu et Luc Boltansky, dans un article intitulé le Fétichisme de la langue, expliquent que lorsqu’on parle de langue, on se réfère tacitement à la langue officielle d’une unité politique. C’est à dire la langue qui est tenue pour la seule légitime, celle produite par des agents ayant autorité pour écrire, les écrivains, codifiée et garantie par l’autorité d’un corps de spécialistes, les grammairiens et plus généralement les professeurs, chargés d’inculquer le respect du code linguistique. Mais il est important de souligner que la langue officielle ne s’impose pas par sa seule force intrinsèque. La langue officielle a bénéficié des conditions politiques et institutionnelles ( bureaucratie, système scolaire, État centralisé ) nécessaires à son imposition et à son inculcation. Ainsi connue et reconnue, plus ou moins inégalement, par l’ensemble des sujets d’une nation, elle contribue à renforcer l’unité politique qui fonde sa domination.

 

Pour comprendre ce concept de “domination symbolique” de la langue officielle, on doit raisonner en terme de champ. ( voir La Logique du champ ).

 

Le champ “linguistique” doit être entendu comme “système des rapports de force proprement linguistiques reproduisant les rapports de force entre les groupes correspondants dans la hiérarchie sociale“. Autrement dit, la langue dominante, la langue officielle a su s’imposer face aux autres langues ( patois, dialectes, langues régionales ) parce que c’était la langue des groupes dominants dans la hiérarchie sociale. »

 
Par Dj Gone CMP - Publié dans : artetsens
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Vendredi 23 septembre 2005 5 23 /09 /Sep /2005 00:00
Extraits de lyrics :
 
 
The Truth                    

Lil’ O   & Billy Cook

Blood Money
 
I Tried - Geto Boys
 

A-1 feat the Mossie « Critic killaz »

 
IAM Album : Revoir un printemps
Titre : Arme de distraction massive
 
Fabe
Visionnaire
 
 

Contre les idées reçues : le gangsta rap n’est pas contestataire :

 
 

Donner une fausse image des communautés et cacher la vérité, ce n’est pas dénué de sens si comme Lil’ O, un ex-dealer devenu une des figures du rap de Houston, on considère que les noirs se cachent la vérité sur la propre autodestruction qui touche leurs quartiers. Dans “The Truth” Lil’ O conjure ses frères à ouvrir leurs yeux sur la situation dans laquelle ils se retrouvent.

 

They have a plan for us brothers

You keep the blacks divided and you keep down each of them

(…)
They won’t worry about us whites
All they do is just fight
And the sad thing is right
Look out how these young niggas is trippin’
Look out we /split each other’s wig
Over Blood and Crip
Look out we put this far trippin’
Damn! You stepped on my shoes!
Then we mean muggin’ each other
What you lookin’ at fool?

Why is it cool to be a killer far to be about peace?

Why we can’t understand, too of us deceased
Do we hate ourselves?
(…)

Yo it’s all a big set up, look in books you’ll find proof

But they won’t teach you this in school cause you can’t handle the truth

 
 
 

Ils ont un plan pour nous les frères

Tu maintiens les noirs divisés et chacun d’entre eux en sera diminué

(…)

Ainsi il ne se soucient pas de nous, les blancs

Tout ce qu’ils font, c’est se battre

C’est triste mais c’est vrai

Regarde comme ces jeunes noirs se prennent la tête

Regarde comme on se massacre entre nous

Sur des histoires de Bloods et de Crips

Regarde à quel point on a poussé la prise de tête

Quoi ? Tu m’as marché sur le pied !

Et puis nous nous agressons

Qu’est ce que tu regardes, imbécile ?

Pourquoi c’est beaucoup plus cool d’être un tueur que d’être pour la paix ?

Pourquoi ne pouvons pas comprendre que trop d’entre nous sont décédés ?

Est ce que nous nous haîssons nous mêmes ?

(…)

Yo, c’est une grosse mise en scène, regarde dans les livres , tu trouveras les preuves

Mais ils ne te l’apprendront pas à l’école car tu ne peux pas supporter la vérité


 
The Truth                    

Lil’ O   & Billy Cook

Blood Money
I Tried - Geto Boys
 
[Scarface]
She don't wanna be with me no mo'

Ain't her fault she just tired of this dumb shit that she don't know

Whether to, throw in the towel or if he gon' grow

And if he do, where is he gon' go?

Got a letter from an old friend, I read it and cried

When he told me that his girl just died

Right out of the blue, breast cancer, wasn't nothin to do

Now I'm sittin here and thinkin of you

Tryin to come to amends, cause really I done wanted you in

You the only one I trust as a friend

I know I'm on my last leg limpin with this bullshit written

But I still gotta bring it to light

Spent half of a lifetime missin cause I would not listen

Confused about my wrong and my rights

They tellin me that time heals wounds though

This wound gon' need some stitches; I got testimony for niggaz

You doin what you do but when the shoe gets flipped

Standin on the other foot got your boots and shit

When you back up and analyze, fix shit and finalize

Before you leave the shit alone just try

Maybe there's somethin you can do to rectify what's did

And plus you gotta think of the kids

That's kinda just the way life is, you either gotta live or you die

At least that I can say that I tried

 
[Chorus: Scarface]

Cause I tried, I tried to do the best I could

Sometimes I guess my best ain't good... enough

Cause when it's over, said shit done

You sittin by yourself mixed up

But I tried, I tried to do the best I could

Sometimes I guess my best ain't good... enough

Cause when it's over, said shit done

You sittin by yourself mixed up, but I tried

 
[Willie D]

Faster than a crackhead, can pawn yo' shit

Willie D'll put a foot in you bitch

I sold dope, robbed folks, had to make ends meet

Since 5th grade, I been up in these streets, tryin to get it

Raised by a single mother, two sisters two brothers

I used to think she didn't love us

Cause she beat us so much, plus she came home drunk

But every now and then she'd knock on wood, and say

I tried to do the best that I could - and I believe her

Cause she was treated evil out the box

You can't get what you ain't got

Momma I was young, hittin licks, started helpin you out

'Bout the closest that you came to a man of the house

I was talkin back, walkin through the do' gettin smacked

You used to brag to your friends on how, well I rapped

We never really got along but when you took sick

I was at your side 'til you died
I wasn't the best son but I tried
 
[Chorus]
 
[Bushwick Bill]

I've always been crook, never given up

But the past few years has been really rough

Felt like givin up a couple of times

Take a jump or plant a slug deep, up in my mind

Fuck it I'm dyin, done wit strugglin for mine

Sleepin on fans, knowin there ain't no use to me lyin

Change my name for anonymity's sake

But a four feet dwarf that be on television's hard to miss

I get pissed over little shit, little shit drive me crazy

Then I start thinkin 'bout my babies

I cain't go to jail, I cain't die

Who better to teach 'em 'bout this cruel world than I?

Their mommas won't let me see 'em, I still pay my support

Cause once you give life, life is bigger than yours

Maybe I'm not all you expect me to be

But when it's done and said ultimately, daddy tried

 
[Chorus]
 

« I’m only rappin’ cause I want to, I got enough plaques

meanless to say my favourite rappers told me to get on this track”

Shot Off

Ludacris  sur une chanson de 8 Ball & MJG extraite de Living legends

Bof
 
 
 

“I’m a critic killa, a critic killa

you can keep you motherfuckin’ magazines

you can keep you motherfuckin’ microphones

I’m a critic killa”

“Je suis un tueur de critiques, un tueur de critiques
vous pouvez garder vos putains de magazines
vous pouvez garder vos putains de microphones
je suis un tueur de critiques”
 

A-1 feat the Mossie « Critic killaz »

 

D'autant qu'c'est l'fric qui mène, y'a plus d'cervelle saine

L'audimat saigne l'peu d'humanité qui restait dans nos antennes

La télé c'est comme l'histoire ça amuse avant d'intéresser

Et quand on s'y intéresse après c'est trop tard

L'onde alpha c'est la plus grande drogue au monde

Une drogue d'môme, son p'tit coin d'paradis dans une vie monotone

 
Freeman
 
Artiste : IAM
Album : Revoir un printemps
Titre : Arme de distraction massive
 
Fabe
 
Visionnaire
 
Paroles: Fabe. Musique: Cut Killer
 
 
--------------------------------------------------------------------------------
 
{Refrain: x3}

Il y a des tonnes de drogues douces qui poussent dans nos quartiers,

Les âmes perdues s'y trouvent comme du tissu au Sentier,
Des vies en chantier, la fantaisie transforme en rentier,

Des lascars qui s'en foutent puisqu'ils en veulent au monde entier.

 

Une vie qui ressemble à un espoir kidnappé, une ville nappée, par la pollution drapée, attrapé,

Virus, quotidien râpé, détails captés, retranscrits, parfois déformés.

On fait l'effort mais, le plus dur, c'est la barrière à franchir,

On n'va quand même pas passer nos vies à réfléchir, faudrait agir,

Peut-être, à moins qu'on soit tous là pour poser.
Osons ! Si il faut oser en causer,
Ben causons ! Mais avant d'être ankylosés, avisons! Divisons
Les tâches, le taf à faire et construisons
Autre chose que ce qu'ils nous ont réservés.
On peut vivre où on vit et en même temps être préservé.
 
{au Refrain, x2}
 

"Tu veux les avantages du quartier, t'auras les inconvénients.

Ta cité c'est pas ta mère et si tu crèves elle aura d'autres enfants !" (x5)

J'me bats, contre la guerre entre le démunis, j'veux frères, sœurs,

Soudés comme les Etats-Unis sans le Ku Klux Klan,

Sans les "players" et les gangsters à deux francs. Coup franc,

Mal de vivre placés sur le banc des accusés. J'ai vu des jeunes désabusés tiser,

Attisés par la mouise ils visent et plantent des lames aiguisées,

Mais ça tu l'sais !
Même si ces rimes apportent le succès,
J'ai fixé mon objectif : éviter l'excès.
Mec c'est peut-être pas ce qui me rendra millionnaire,

Mais si on parle de moi plus tard on dira qu'j'étais visionnaire...

" Visionnaire ! Mais pour qui il se prend ! On dira qu't'étais un gros con, ouais. "

 
 
 

Par Dj Gone CMP - Publié dans : artetsens
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